Je vais être opéré d’une prostatectomie radicale


 Qu’est-ce-que la prostate et le cancer de prostate ?
 Pourquoi votre urologue vous a-t-il proposé une intervention ?
 Comment vont se passer l’hospitalisation et l’intervention ?
 Quels signes doivent vous amener à consulter votre urologue pendant votre convalescence ?
 Quelles sont les conséquences immédiates de l’intervention ?
 Quelles sont les conséquences tardives de l’intervention ?
 Quelles sont les résultats et le suivi à distance de l’intervention ?



Qu’est-ce-que la prostate et le cancer de prostate ?


La prostate est une glande sexuelle, d’environ 15 grammes, participant à la constitution du sperme. Cette glande, située sous la vessie, entoure le canal de l’urètre assurant l’évacuation des urines.


La cancer de la prostate est le deuxième cancer par ordre de fréquence chez l’homme de plus de 50 ans. En 2000, 40 000 cancers de prostate ont été diagnostiqués et 10 000 hommes en sont décédés. Ce cancer est d’évolution lente n’entraînant pendant de nombreuses années aucun symptôme. C’est pourtant à un stade précoce qu’il est curable. Quelques examens simples permettent d’en faire le dépistage chez l’homme de plus de 50 ans (toucher rectal, dosage du PSA) complétés par une biopsie de la prostate en cas d’anomalies.


Pourquoi votre urologue vous a-t-il proposé une intervention ?


Des cellules cancéreuses ont été découvertes lors des biopsies prostatiques. Lorsque la maladie est a priori localisée à la prostate, un traitement curatif peut être proposé. La prostatectomie radicale répond à cet objectif en enlevant complètement la prostate. D’autres choix de traitement sont possibles comme la radiothérapie avec d’autres avantages et inconvénients précisés par votre médecin.
Au delà de 75 ans ou si l’espérance de vie est inférieure à 10 ans, les traitements curatifs sont inutiles car l’espérance de vie est inférieure au temps que le cancer va mettre pour menacer la vie du patient. Un traitement ralentissant l’évolution (hormonothérapie) est alors simplement proposé.


Comment vont se passer l’hospitalisation et l’intervention ?


En fonction des habitudes de votre chirurgien vous pourrez :
- devoir consulter avant l’hospitalisation un kinésithérapeute qui vous expliquera les conséquences de l’intervention sur la continence urinaire et vous indiquera les exercices musculaires utiles pour y remédier,
- avoir une préparation intestinale par lavement et/ou laxatifs,
- devoir acquérir des bas à varices que vous devrez porter pendant et après l’intervention,
- être hospitalisé l’avant-veille, la veille ou le matin de l‘intervention.


L’intervention aura lieu après s’être assuré, par une analyse d’urines récente, que vous n’avez pas d’infection urinaire. En cas d’infection urinaire non traitée, votre intervention pourra être différée. Dans tous les cas, vous recevrez de manière préventive, un antibiotique en début d’intervention. Un rasage et une désinfection de la peau de l’abdomen seront effectués. L’intervention aura lieu sous anesthésie générale.

 

  • Le choix de l’intervention : L’intervention consiste à retirer totalement prostate et vésicules séminales. Dans certains cas, l’intervention débute par l’analyse de ganglions dans le petit bassin à la recherche d’une dissémination microscopique du cancer pouvant conduire à l’arrêt de l’intervention. L’intervention peut être effectuée par différentes voies en fonction des éléments de votre dossier et des habitudes de votre chirurgien :
  • - La voie abdominale classique (appelée rétro-pubienne) la plus pratiquée, par une incision de 15 cm entre l’ombilic et le pubis. Le site opératoire est contrôlé directement par le chirurgien.
    - L’opération périnéale (rarement utilisée), par une incision entre les bourses et l’anus
    - La voie coelioscopique, par 4 incisions de 0,5 à 1 cm permettant d’introduire de longs instruments de dissection et une incision de 5 cm permettant l’extraction de la prostate. Le site opératoire est visualisée par une caméra.

     

  • Après l’intervention : vous irez quelques heures en salle de réveil avant de retourner dans votre chambre. Des traitements contre la douleur vous seront donnés. Sachez que l’intervention est peu douloureuse. La sonde peut entraîner une certaine gène et vous donner de fausses envies d’uriner. Signalez le à votre médecin qui vous prescrira un médicament améliorant votre confort.
  • Le lendemain de l’intervention, vous serez levé pour éviter le risque de phlébite consécutif à l’immobilisation au lit.
    Une alimentation légère sera reprise très rapidement, souvent dès le lendemain de l’intervention.
    Les drains seront retirés dès que leur écoulement sera considéré comme négligeable par le chirurgien.
    Le retrait de la sonde urinaire s’effectuera sur prescription du chirurgien (habituellement entre le 7 ème et le 10 ème jour post-opératoire). Lorsque la sonde doit être maintenue davantage, il est possible de rentrer à domicile et de revenir en hôpital de jour pour retirer la sonde. A l’ablation de la sonde, les fuites sont fréquentes. Il est conseillé pendant la période de récupération :
    - de limiter les boissons à 1,5 l par jour,
    - d’uriner en une fois,
    - de porter, en cas de fuites accidentelles, des protections absorbantes transformant l’urine en gel. Ces protections sont disponibles en grandes surfaces et en pharmacie mais ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale,
    - d’éviter la constipation et de pousser pour aller à la selle,
    - d’éviter de porter des charges lourdes (plus de 5 kg) et de faire des efforts pendant 3 mois,
    - de se reposer après le déjeuner pour éviter les fuites de fatigue,
    - en cas de fuites importantes, d’avoir recours aux conseils d’une infirmière ou d’un kinésithérapeute spécialisé, d’utiliser la nuit un étui pénien pour avoir un confort nocturne optimal mais d’éviter absolument une utilisation permanente empéchant le travail nécessaire de récupération.


    Quels signes doivent vous amener à consulter votre urologue pendant votre convalescence ?


    En cas d’urines troubles d’odeur « forte », de fièvre, de difficultés à uriner, d’anomalie au niveau de votre cicatrice, de douleurs dans le mollet, de douleur dans la poitrine ou de difficultés à respiratoires, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou votre urologue.


    Dans tous les cas, une consultation de contrôle sera prévue quelques semaines après votre intervention.


    Vous vous présenterez avec le résultat d’une analyse d’urines que vous aurez effectuée quelques jours avant la consultation. Lors de cette consultation, votre urologue vous communiquera les résultats de l’analyse du tissu prostatique retiré et évoquera fonctions urinaire et sexuelle.


    Quelles sont les conséquences immédiates de l’intervention ?


    L’opération de la prostate est une opération parfaitement réglée dans des mains entraînées. Néanmoins des complications sont toujours possibles.

     

  • Infection urinaire : la sonde urinaire posée après l’intervention peut favoriser la survenue d’une infection urinaire. En cas d’infection urinaire, quelques jours d’antibiotiques permettront de la traiter efficacement.
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  • Saignement opératoire : la prostate est un organe très vascularisé dont l’ablation peut conduire à un saignement important. Le risque de transfusion lors d’une prostatectomie radicale est de l’ordre de 5%.
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  • Hématomes, abcès, faiblesse de la paroi abdominale : ces complications sont rares (moins de 2 %).
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  • Complications graves : toute intervention, même minime, comporte des risques exceptionnels et imprévisibles mais parfois très graves (plaie de l’uretère, plaie du rectum nécessitant un anus artificiel temporaire, accident cardiaque, phlébite, embolie pulmonaire, allergie, …).

  • Quelles sont les conséquences tardives de l’intervention ?

     

  • Retentissement sur la sexualité : la prostatectomie radicale peut conduire à léser les nerfs de l’érection qui cheminent près de la prostate. Les troubles de l’érection sont très fréquents (plus de 50 %) après cette intervention et dépendent de l’âge, de la qualité préalable des érections, de la technique opératoire utilisée. Le délai de récupération est variable de plusieurs semaines à plusieurs mois voire années. Le recours à des médicaments en comprimés (non remboursés par la Sécurité Sociale) ou injectables dans la verge (pris en charge par la Sécurité Sociale) peut rendre service. En cas d’échec, la mise en place chirurgicale d’une prothèse pénienne est une alternative. Dans tous les cas l’émission du sperme est supprimée.
  • Retentissement sur la continence urinaire : les fuites urinaires sont très fréquentes à l’ablation de la sonde. Elles disparaissent en quelques jours à quelques semaines spontanément ou avec quelques médicaments ou de la rééducation. Moins de 5 % des patients conservent une incontinence importante définitive pour laquelle la mise en place d’un sphincter artificiel peut être envisagé avec plus de 90 % de succès.
  • Rétrécissement de la suture entre la vessie et l’urètre : Après avoir retiré la prostate, une suture est effectuée entre la vessie et l’urètre. Dans moins de 5 % des cas cette suture peut se rétrécir nécessitant une réintervention bénigne par les voie naturelles.
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    Quelles sont les résultats et le suivi à distance de l’intervention ?


    La surveillance après l’intervention se fait par le toucher rectal et le dosage du PSA. A 3 mois, le taux de PSA doit être inférieur à 0,1 ng/ml. Par la suite un contrôle tous les 6 mois est habituellement proposé. Le taux de rémission complète est de 85 % à 10 ans, 65 % si l’analyse microscopique de la prostate montrait que le cancer dépassait la capsule prostatique.
    Un taux post-opératoire élevé ou une ascension post-opératoire progressive du PSA témoigne d’une évolution du cancer pouvant justifier un traitement complémentaire (radiothérapie, hormonothérapie).