Vous allez être opéré d’un adénome de la prostate  

 

Qu’est-ce-que la prostate et l’adénome de prostate ?

Pourquoi votre urologue vous a-t-il proposé une intervention ?

Comment vont se passer l’hospitalisation et l’intervention ?

Que faire après ma sortie ?

Quels signes doivent vous amener à consulter votre urologue pendant votre convalescence ?

Quelles sont les conséquences de l’intervention ?

 

Qu’est-ce-que la prostate et l’adénome de prostate ?

 

La prostate est une glande sexuelle, d’environ 15 grammes, dont la sécrétion participe à la constitution du sperme. Cette glande est située sous la vessie et entoure le canal de l’urètre, qui assure l’évacuation des urines. L’adénome de la prostate est une tumeur bénigne se développant chez les hommes généralement au-delà de 40 ans. Par l’augmentation de volume qu’elle entraîne, elle comprime le canal de l’urètre et gêne l’évacuation des urines. Jet faible, difficulté à uriner, envies fréquentes, surtout la nuit, besoins urgents, sont les troubles urinaires le plus souvent observés. Quelques examens simples permettront de faire le bilan de l’adénome (toucher rectal, échographie, débitmétrie, dosage du PSA).

 

Pourquoi votre urologue vous a-t-il proposé une intervention ?

 

Tous les adénomes de la prostate ne nécessitent pas une intervention chirurgicale. Lorsque les troubles urinaires sont minimes, une surveillance annuelle est suffisante. Si la gêne est modérée, un traitement médical sera indiqué. Une intervention sera proposée lorsque la gêne est importante et non améliorée par un traitement médical ou lorsque surviennent des complications (infections urinaires, souffrance de la vessie ou des reins, présence de sang dans les urines, blocage des urines).

 

Comment vont se passer l’hospitalisation et l’intervention ?

 

Vous serez hospitalisé généralement la veille de l’intervention. L’intervention aura lieu après s’être assuré, par une analyse d’urines récente, que vous n’avez pas d’infection urinaire. En cas d’infection urinaire non traitée, votre intervention pourra être différée. Dans tous les cas, vous recevrez de manière préventive, un antibiotique en début d’intervention.

 

Le choix de l’anesthésie. L’intervention aura lieu sous anesthésie générale (vous dormez complètement) ou sous anesthésie loco-régionale (vous restez conscient, seule la moitié inférieure de votre corps est endormie). Lors de la consultation pré-anesthésique, obligatoire avant l’hospitalisation, le médecin anesthésiste choisira le type d’anesthésie en tenant compte de votre dossier médical et de votre souhait. Le plus souvent l’intervention sera réalisée sous anesthésie loco-régionale, particulièrement performante dans la chirurgie de la prostate. Elle permet, en particulier, d’éviter les désagréments du réveil de l’anesthésie générale.

 

Le choix de l’intervention. L’opération de la prostate consiste à retirer l’adénome de la prostate qui comprime le canal de l’urètre. La prostate n’est donc pas retirée en totalité. Ceci peut être réalisé selon deux techniques, aux résultats identiques.

 

L’opération « par les voies naturelles » (appelée résection endoscopique ou résection trans-urétrale) : l’urologue introduit, par la verge, un appareil comportant un système optique permettant de voir dans l’urètre et un système électrique permettant de retirer, copeau par copeau, l’adénome et de procéder à l’arrêt du saignement. La durée de l’intervention est de 20 à 60 minutes. Une sonde est mise en place pour habituellement 24 à 48 heures.

L’opération à ciel ouvert : l’urologue incise l’abdomen, ouvre la vessie, retire l’adénome, contrôle le saignement, met une sonde dans la vessie, puis referme vessie et paroi abdominale. La durée de l’intervention est d’environ une heure. La sonde sera retirée habituellement à partir du 6ème jour, quand la cicatrice sera belle.

Le choix d’une technique plutôt que l’autre sera décidé par votre urologue, en fonction de votre dossier et en particulier du volume de la prostate. Exceptionnellement, le choix effectué avant l’intervention pourra être modifié en fonction des constatations opératoires.

Après l’intervention : vous irez quelques heures en salle de réveil avant de retourner dans votre chambre. Des traitements contre la douleur vous seront donnés. Sachez que l’intervention est peu douloureuse. La sonde peut entraîner une certaine gène et vous donner de fausses envies d’uriner. Signalez-le à votre médecin qui vous prescrira un médicament améliorant votre confort. Un lavage permanent sera introduit par votre sonde afin d’éviter la formation de caillots risquant de l’obstruer. Quand vos urines seront claires, les lavages seront arrêtés et vous devrez boire entre 2 et 3 litres d’eau afin d’avoir des urines bien fluides. Le lendemain de l’intervention, vous serez levé pour éviter le risque de phlébite consécutif à l’immobilisation au lit. Lorsque la sonde sera retirée, vous pourrez uriner par les voies naturelles, avec des envies souvent fréquentes et parfois quelques fuites. Les premières urines pourront être teintées de sang. Au bout de 24 à 48 heures vous constaterez une amélioration spectaculaire et votre sortie sera autorisée.

 

Que faire après ma sortie ?

 

La cicatrisation complète de la vessie et de l’urètre nécessite 2 mois. Pendant cette période vous pourrez constater des envies urgentes, voire du sang dans les urines.Des fuites d’urines sont également possibles. Elles surviennent à l’effort ou lors de besoins urgents irrépressibles.Quelques exercices rééduqueront votre sphincter. Essayez de stopper le jet à chaque fois que vous urinez.Vous devrez continuer à boire 2 litres d’eau pendant 1 mois, éviter les exercices sportifs, les longs trajets en voiture et de pousser pour aller à la selle pendant 1 mois. Si vous avec une activité professionnelle, vous pourrez retravailler au bout d’un mois. L’activité sexuelle pourra être reprise après 1 à 2 mois.

 

Quels signes doivent vous amener à consulter votre urologue pendant votre convalescence ?

 

En cas de saignement important, d’urines troubles d’odeur « forte », de fièvre, de difficultés à uriner, n’hésitez pas à consulter votre urologue.Dans tous les cas, une consultation de contrôle sera prévue quelques semaines après votre intervention. Vous vous présenterez avec le résultat d’une analyse d’urines que vous aurez effectuée quelques jours avant la consultation. Lors de cette consultation, votre urologue vous communiquera les résultats de l’analyse du tissu prostatique retiré.Une surveillance régulière est par la suite nécessaire car cette intervention ne met pas à l’abri de la survenue éventuelle ultérieure d’un cancer sur le tissu prostatique restant.

 

Quelles sont les conséquences de l’intervention ?

 

L’opération de la prostate est une opération bénigne, parfaitement réglée dans l’immense majorité des cas, entraînant une hospitalisation réduite. Vous retrouverez un confort de vie remarquable. Néanmoins, comme toute intervention, certaines complications surviennent parfois :

 

Infection urinaire : la sonde urinaire que vous avez après l’intervention peut favoriser la survenue d’une infection urinaire. C’est pourquoi votre urologue la retirera le plus vite possible, dès que votre état le permettra. En cas d’infection urinaire, quelques jours d’antibiotiques permettront de la traiter efficacement.

 

Retentissement sur la sexualité :l’opération de la prostate ne modifie ni les érections, ni l’orgasme qui sont identiques à ce qu’ils étaient auparavant.Par contre, elle entraîne très souvent une « éjaculation rétrograde ». L’opération sectionne des fibres musculaires assurant la fermeture du col de la vessie lors de l’éjaculation. Le sperme sera donc désormais évacué dans la vessie puis éliminé avec les urines.

 

Retentissement sur la continence urinaire : quelques fuites d’urines temporaires sont fréquentes dans les jours suivant l’intervention. L’incontinence urinaire durable est une complication exceptionnelle.

 

Rétrécissement du canal de l’urètre  : après l’opération de la prostate, le canal de l’urètre peut se rétrécir. Il s’agit habituellement d’une réaction à la sonde urinaire. L’amélioration de la qualité des sondes a rendu cette complication rare.

 

Saignement opératoire : les techniques opératoires utilisées sont actuellement, particulièrement sûres. Le saignement opératoire est habituellement modéré et bien contrôlé. Les transfusions sont exceptionnelles.

 

Complications graves  : toute intervention, même minime, comporte des risques exceptionnels et imprévisibles mais parfois très graves (accident cardiaque, allergie, …).