L'incontinence chez la personne âgée

L'incontinence urinaire fait partie des handicaps survenant avec l'âge. Elle a un gros impact sur la vie des patients, impact psychologique, physique, social. L'incontinence peut conduire à la nécessité d'une assistance à domicile, voire compromettre le maintien de la personne âgée à son domicile avec pour conséquence une hospitalisation dans un établissement spécialisé.

 

Pour des raisons anatomiques évidentes, la femme est plutôt concernée par l'incontinence urinaire, alors que l'homme est plutôt sujet à la rétention urinaire.

 

Plus d'une femme sur trois entre 70 et 75 ans présente une incontinence urinaire. Chez la femme âgée vivant en institution, la prévalence est comprise entre 43 et 72%. La répartition des différents types d'incontinence est assez discordante dans la littérature. Néanmoins, il est classique de dire que plus d'une incontinence urinaire sur deux est mixte, c'est à dire à l'effort et par impériosité. La prévalence de l'incontinence d'effort diminue avec l'âge, la femme âgée limitant son activité physique.

 

Chez l'homme, la prévalence de l'incontinence urinaire est de l'ordre de 7 à 8% à 65 ans pour dépasser 28% au-delà de 90 ans. L'incontinence urinaire par impériosité est prédominante (40 à 80%), suivie par l'incontinence urinaire mixte (10 à 30%) puis par l'incontinence urinaire d'effort (moins de 10%).

 

De très nombreuses affections, notamment neurologiques ou psychiatriques, peuvent avoir des conséquences sur l'équilibre vésico-sphinctérien. Certaines affections peuvent aggraver un dysfonctionnement pré-existant en réduisant la mobilité, d'autres peuvent être responsables de véritables anomalies vésico-sphinctériennes.

De très nombreux médicaments sont également susceptibles d'agir sur cet équilibre : alpha-bloquants, alpha-stimulants, anticholinergiques...

 

Par sa réduction de mobilité et sa dépendance, la personne âgée est très soumise à l'aménagement de son lieu de vie et à son environnement pour assurer une fonction aussi élémentaire que la miction. Ainsi, une difficulté de déplacement pour se rendre aux toilettes, des toilettes difficilement accessibles ou mal éclairées, des vêtements difficiles à enlever, peuvent transformer une anomalie mictionnelle mineure en une incontinence urinaire invalidante.